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10. Deuxième partie : l’autre communication

 

Comme nous l’avons mentionné précédemment, notre échantillonnage de répondants ne contient pas suffisamment de sujets jeunes de moins de quarante ans (40-) pour en faire ressortir une statistique valable concernant ce groupe, spécifiquement. Nous pouvons affirmer que les répondants de plus de quarante ans (40+) socialisent très fortement par le biais des associations et non pas ceux de moins de quarante ans (40-). Par contre, rien n’indique si les deux groupes d’âges sont ou ne sont pas en communication significative par les moyens électroniques disponibles. Voici donc comment nous avons procédé pour répondre à notre question : Y a une communication entre les jeunes et leurs aînés par les moyens électroniques?

L’utilisation des réseaux sociaux (ici Facebook) semble à première vue présente chez les plus vieux. Après avoir enquêté, nous avons pu produire ces quatre (4) catégories :

- Ceux qui ne sont pas inscrits sur Facebook.

- Ceux qui sont inscrits sur Facebook, mais ne communiquent pas par ce média.

- Ceux qui sont inscrits sur Facebook que pour jouer des jeux de société.

- Ceux qui sont inscrits sur Facebook et l’utilisent.

Au départ, on observe que les personnes totalement absentes de Facebook sont celles de plus de soixante-dix ans (70+). Ce qui importe ici, est de trouver des jeunes en lien avec les plus âgés. Ce groupe s’élimine donc par défaut.

 

Méthode utilisée pour trouver les jeunes de moins de quarante ans (40-) en lien les quarante ans et plus (40+)

Nous avons utilisé la liste des membres du Conseil d’administration (C.A.) de Handi-Capable qui compte quinze (15) membres dont douze (12) ont plus de quarante ans. Pour chacun, nous avons considéré leurs amis sur Facebook, un à un, jusqu’à épuisement de chacune des listes personnelles d’amis de ces quinze (15) personnes.

Nous avons donc pris en compte de tous ceux et celles qui étaient inscrits comme ami de chaque membre du C.A. De ces amis, nous avons retenu toutes les personnes handicapées physiques pour en faire notre groupe d’étude.

C’est ainsi que nous avons confectionné une première liste d’amis handicapés physiques à partir des amis Facebook des membres du conseil d’administration de Handi-Capable.

 

A. Vérification de la présence du handicap physique

Nous avons ici retenu de toutes les personnes, celles qui sont handicapées physiques inscrites en relation avec les membres du C.A. (amis). Pour une plus grande précision dans le départage entre les personnes handicapées physiques et les personnes non handicapées physiques, lorsque celui-ci apparaissait incertain, nous avons examiné les photographies où elles apparaissaient et leurs correspondances écrites. Bref, sous certains profils non clairs, nous nous sommes assuré qu’il s’agissait effectivement de personnes handicapées physiques. Il nous est aussi apparu que certaines personnes ne désirent pas afficher qu’elles sont handicapées.

Ce fut une tâche extrêmement longue et laborieuse. Le nombre d’amis pour chaque membre du C.A. varie entre cent (100) et plus de huit cents (800). L’exercice nous mena à faire près de dix-huit mille (18 000) vérifications chez les amis.

C’est ainsi qu’à partir de cette liste d’amis Facebook, nous avons recensé tous les amis handicapés physiques des amis (« les amis des amis ») afin de savoir si ces personnes handicapées physiques forment un réseau d’échanges (de communication). Ce travail a coûté trois mois de travail constant.

En examinant le profil personnel de tous les amis en relation à l’intérieur du réseau handicapés-non handicapés, nous avons identifié leurs villes de résidence afin de nous assurer de bien départir les membres actifs (vivant dans la MRC de Sherbrooke) de Handi-Capable des membres sympathisants (vivant à l’extérieur de la MRC de Sherbrooke).

 

B. Les communications chez les personnes handicapées physiques

À partir de la filière des relations (amis des amis Facebook) des dirigeants de Handi-Capable ainsi confectionnée, il apparaît nettement qui est en relation avec qui, chaque fois qu’il en est.

Ainsi donc, à partir du répertoire des amis Facebook des membres du C.A., nous voyons qui est en relation avec d’autres personnes handicapées physiques et si l’ensemble forme un tout intégré de communication et qui y participe. Malgré une présence large et soutenue des jeunes nous avons pu établir avec certitude que ces jeunes de moins de quarante ans (40-) ne se trouvent pas en communication électronique intégrée avec nos membres de plus de quarante ans (40+). Autrement dit, les moins de quarante ans (40-) ne sont qu’exceptionnellement en relation avec leurs aînés sur Facebook et ce, de manière aléatoire parce que tout simplement leurs aînés ne communiquent pas. L’on ne trouve pas de trace d’une communication soutenue.

 

C. Communication chez les plus vieux (40+), chez les personnes handicapées physiques

La communication électronique des plus âgés est de type essentiellement épistolaire (lettre Internet vs courriel). Ils n’ont pas de correspondances soutenue ni une présence significative sur Facebook. Leur présence sur Facebook est marginale. Le contact avec les plus jeunes n’est pas signifiant. Il se résume à de simples inscriptions sur demande comme amis avec des plus jeunes qu’eux, mais sans communication. À la limite, ils peuvent lire les correspondances qu’ont les plus jeunes entre eux sans pour autant échanger.

 

D. Groupe de 40 à 70 ans et + chez les personnes handicapées physiques

La présence marginale Facebook (moins de dix (10) pour cent) des 40 à 70 ans est le fait de quelques communications brèves, sans soutenance et surtout sporadiques; avec leurs parents et amis de leurs âges. Certains y sont que pour profiter des jeux de société qu’offre ce média.

 

E. Groupe de 20 à 40 ans chez les personnes handicapées physiques

Le groupe Facebook de personnes des 20 à 40 ans est très diversifié à tous les égards. L’on communique avec ses amis, sa famille et aussi pour s’adonner à des jeux de société. Ce groupe passe ostensiblement plus de temps sur Facebook que devant la télévision.

 

F. Groupe de 13 à 20 ans chez les personnes handicapées physiques

Ce groupe des plus jeunes communiquent beaucoup avec leurs amis et famille. Ils se servent de Facebook pour prévoir des sorties, des rencontres et tout évènement qui touche à leur vie sociale.

C’est chez les jeunes que l’on retrouve le plus grand nombre d’amis en réseau. Ils sont très présents parmi les amis des amis. Ils sont à l’aise avec les moyens de communication et exposent une grande visibilité de leur personne. C’est tel un mode de vie, pourrait-on dire.

Les jeunes passent aussi et en plus beaucoup de temps sur Facebook pour les jeux et autres applications secondaires.

Ils aiment écouter et partager leur musique préférée, les vidéos humoristiques. Ils témoignent ouvertement de leurs humeurs, de leurs pensées et jusqu’à leur intimité. Les plus jeunes peuvent être considérés comme une collectivité réunie par ce média.

 

Conclusion

L’on observe aussi nettement que c’est parmi les jeunes de moins de quarante ans (40-) que se retrouvent les amis en communication sur Facebook. Autrement dit, ce sont des amis Facebook. Plus l’on est jeune et plus la communication par réseau social devient une réalité sociale de tous les instants. Et à la vue de la quantité des communications, la constance et le rythme de production de celles-ci, il est évident que les jeunes sont actifs là où ne le sont pas du tout ceux de la catégorie plus âgée qu’eux. (Ceux-ci, nous l’avons vu, socialisent par des rencontres associatives.) Il est clair que, la communication en ses moyens n’étant pas la même, les deux groupes n’échangent pas socialement. Le désintéressement de l’un envers les associations et de l’autre envers les médias sociaux en font deux groupes qui s’ignorent. Il y a clivage.

 
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